Vous vivez en France sans titre de séjour depuis plusieurs années, vous travaillez peut-être, vos enfants vont à l’école, et vous voulez sortir de l’irrégularité. La régularisation existe, mais elle reste une décision du préfet, prise au cas par cas, et les règles se sont durcies en 2025. Deux voies principales s’offrent à vous : l’admission exceptionnelle au séjour et la carte des métiers en tension.
Vous voulez savoir si votre dossier de régularisation tient la route ? Écrivez-nous.
L’admission exceptionnelle au séjour
L’admission exceptionnelle au séjour, prévue à l’article L435-1 du code des étrangers, permet au préfet de délivrer une carte à une personne en situation irrégulière pour des motifs humanitaires ou exceptionnels. Elle n’est jamais automatique : le préfet dispose d’un pouvoir d’appréciation, et le juge contrôle seulement les erreurs manifestes.
Les critères de la circulaire Retailleau
La circulaire du 23 janvier 2025 a remplacé la circulaire Valls de 2012. Elle fait de 7 ans de présence en France un indice d’intégration, contre 5 ans en général auparavant. Elle attend une maîtrise du français prouvée par un diplôme ou une certification, la signature du contrat d’engagement à respecter les principes de la République, faute de quoi le dossier est irrecevable, et l’absence de menace à l’ordre public. Le préfet regarde aussi les OQTF reçues depuis moins de 3 ans, et un refus s’accompagne d’une nouvelle OQTF.
Des associations ont attaqué cette circulaire ; le Conseil d’État a rejeté leur recours le 21 novembre 2025, et le ministère de l’Intérieur l’applique toujours. Si votre famille vit en France, la circulaire demande aux préfets d’examiner d’abord la carte vie privée et familiale pour liens personnels et familiaux.
La régularisation après 10 ans de présence
La présence de plus de 10 ans ne donne pas droit à une carte. Elle oblige seulement le préfet qui envisage un refus à saisir d’abord la commission du titre de séjour, devant laquelle vous pouvez vous expliquer avec un avocat.
La régularisation par le travail dans un métier en tension
La loi du 26 janvier 2024 a créé une voie propre aux travailleurs sans papiers, à l’article L435-4. Elle s’adresse à la personne qui réunit ces conditions :
- 3 ans de résidence ininterrompue en France ;
- 12 mois d’activité salariée, consécutifs ou non, sur les 24 derniers mois ;
- un emploi dans un métier de la liste des métiers en tension de sa région, fixée par l’arrêté du 21 mai 2025.
Le salarié dépose lui-même sa demande, sans l’accord de son employeur, à la préfecture de son domicile. Les périodes de travail comme indépendant, étudiant, saisonnier ou demandeur d’asile ne comptent pas. La carte délivrée est une carte salarié d’un an pour un CDI, ou travailleur temporaire pour un CDD. Ce dispositif est expérimental jusqu’au 31 décembre 2026 : à ce jour, aucune prolongation n’a été annoncée. Les personnes concernées ont intérêt à déposer avant cette date.
Le dossier de régularisation par le travail comprend le formulaire cerfa 15186, rempli par l’employeur, vos bulletins de salaire et vos preuves de présence. Notre page autorisation de travail détaille le rôle de l’employeur.
Le dossier et le dépôt
Le dossier type comprend le passeport, l’acte de naissance, un justificatif de domicile de moins de 6 mois, 3 photos, les preuves de présence année par année (avis d’imposition, factures, attestations médicales, courriers officiels), les preuves d’activité et les preuves d’intégration. Il se dépose à la préfecture du domicile, à la préfecture de police à Paris. Sans réponse au bout de 4 mois, la demande est considérée comme refusée et vous avez 2 mois pour la contester.
Le coût d’une régularisation en 2026
Depuis le 1er mai 2026, une régularisation coûte cher :
- droit de visa de régularisation : 300 €, dont 100 € à payer au dépôt et non remboursables ;
- première carte : 350 € au tarif normal.
Un dossier refusé fait donc perdre au moins 100 €, et expose à une OQTF. Avant de déposer, faites évaluer vos chances.
En cas de refus
Le refus d’admission exceptionnelle s’accompagne presque toujours d’une obligation de quitter le territoire, à contester dans le mois. Lisez notre guide sur l’OQTF et celui sur le refus de titre de séjour. Les associations d’aide aux sans-papiers peuvent aussi vous accompagner.
Être accompagné pour sa régularisation
Nos conseillers examinent votre parcours, repèrent la voie la plus solide entre vie privée et familiale, admission exceptionnelle et métiers en tension, et vous aident à classer des années de preuves en un dossier lisible pour le préfet. Consultez aussi notre page titre de séjour.
Votre demande d’aide
Remplissez ce formulaire en quelques minutes. Indiquez dans le message votre situation, le document que vous avez reçu et sa date : un conseiller spécialisé dans les démarches des étrangers étudie votre demande et vous rappelle.
Questions fréquentes
Combien d’années faut-il pour être régularisé en France ?
Aucune durée ne donne droit à la régularisation. La circulaire de janvier 2025 retient 7 ans de présence comme indice pour l’admission exceptionnelle, et la voie des métiers en tension demande 3 ans de résidence.
Peut-on être régularisé par le travail sans l’accord de son employeur ?
Oui pour la voie des métiers en tension : le salarié dépose seul sa demande, avec 12 mois de bulletins de salaire sur les 24 derniers mois.
La circulaire Retailleau est-elle toujours appliquée ?
Oui. Le Conseil d’État a rejeté le recours contre elle en novembre 2025 et le ministère continue de l’appliquer.
Combien coûte une régularisation ?
300 € de droit de visa de régularisation, dont 100 € au dépôt, plus 350 € pour la carte, depuis le 1er mai 2026.
Quelle est la date limite pour la régularisation métiers en tension ?
Le dispositif est expérimental jusqu’au 31 décembre 2026.